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 [Acceptée] Deborah Cinestra

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AuteurMessage
Deborah Cinestra
Invité


MessageSujet: [Acceptée] Deborah Cinestra   Mar 20 Déc - 14:38

Citation :
Rapport de mission


Description de la cible

Nom : Cinestra
Prénom : Deborah
Apparence physique : Humaine d'un mètre soixante-neuf à la corpulence fine et au teint blanc. Le visage ovale, au front large et au nez concave. Des yeux ridés et bleus. Des cheveux lisses et noirs. La physionomie froide.


Faits observés

Jour 1 :
L'humaine semble être peu sociable, elle ne communique que très peu et ne reste pas longtemps en présence des autres personnes.
L'utilisation et la récolte de plantes pour la fabrication de breuvages ou de potions est habituelle, chez elle.
D'après elle et d'autres, la femme serait une sorcière.
Elle ne semble pas avoir de famille et le seul compagnon est un chat.
Sa maison est située au nord d'Elwynn en hauteur à l'abris des regards.
L'intérieur est très modeste, pour ce qui est des meubles. Une preuve sans doute de revenus assez faibles. Elle dispose de livres et d'un équipement complet pour l'alchimie, mais plus étrange des objets, de type artefact Troll.


Jour 2 :
La femme s'est rendu dans un bordel d'Elwynn. Elle semble faire affaire avec le propriétaire depuis un certains temps. Une longue conversation à eu lieu, elle a simplement refusé son offre de travailler uniquement avec lui, visiblement pour ne pas se consacrer entièrement, aux soins et autres potions des filles de joies.
Les hommes, racontent des choses effrayantes sur elle. Et les femmes de bien pires encore. Ce ne sont peut-être que des racontars, mais peut-être y a-t-il une part de vrai dedans.
Pour l'heure, je n'ai pu que constater, qu'elle soigne ceux dans le besoin, se moquant de la bienséance et ne posant pas plus de questions.


Jour 3 :
Un homme empoisonnée est venu se présenter chez elle, il semblerait un homme de main du bordel. Ne disposant pas des plantes, elle a demandé au propriétaire de celui-ci de lui en fournir. La conversation à vite tournée aux menaces. La femme semble inspirer une certaine crainte chez les personnes qu'elle rencontre. Le propriétaire a vite cédé.
La sorcière s'est déplacée à Hurlevent tard dans la nuit, visiblement assez discrète et agile pour ne pas être aperçue durant ses déplacements. Elle est entrée dans une boutique connue pour vendre bien souvent des babioles ou des artefacts volées.


Jour 4 :
La sorcière est retourné chez le propriétaire pour récupérer ses plantes, puis a soigné l'homme qu'elle a hébergé chez elle. Il n'y a eu aucun rapprochement entre eux, pas une conversation. Celui-ci a quitté les lieux par la suite en lui offrant sa dague.
Ses contempteurs la disent aigrie, et sans cœur, lors de ses déplacements en journée.



Jour 5 :
Rien à signaler, elle a passé la journée à préparé des poisons et écrire sur son livre.

Jour 6 :
J'ai pu prendre possession de son livre avant de le remettre à sa place, plusieurs textes étranges sont inscrits, ainsi que des mémoires de son apprentissage, des malédictions, ainsi que des sorts, mais aussi l'explication de sa lutte pour ne pas céder à ses pulsions obscures.

Jour 7 :
La femme a retrouvée en feu sa maison, son animal de compagnie a été accroché à la porte. Une personne a sans doute passé un message de mise en garde de la sorte. Peut-être un acte du propriétaire du bordel suite aux menaces de l'un et l'autre. Elle loge à présent à l'auberge du quartier commerçant de Hurlevent.




An 36, une des maisons de joie d'Elwynn


L'espion, agile et discret écoutera la conversation du haut d'une poutre sans se faire remarquer.

Deborah se tient très droite, très digne – très elle tout compte fait – sur l’un des fauteuils moelleux, tout de velours tapissés, du « bureau » de Grégoire, le propriétaire de la maison, établissement discret d’aspect mais renommé pour qui sait les plaisirs qu’on y trouve.
Le plaisir n’est pas franchement ce qui a amené la sorcière dans cette maison, ce sont les affaires qui ont guidé ses pas. Son travail exige de la rigueur, du calme, beaucoup de concentration, aussi a-t-elle obtenu du propriétaire de l’endroit, qu’il envoie glousser ailleurs ses poulettes aux tenues affriolantes, si tant est qu’on puisse appeler « tenues » les voiles et autres pièces minuscules de cuir et de tissu qui ornementent leurs corps plus qu’ils ne les couvrent.


Grégoire :- Vous fumez, madame Cinestra ? demande l’homme en allumant une pipe d’écume finement sculptée, figurant une femme nue lascivement allongée, dont le fourneau se trouve être une partie de son anatomie que l’on n’imagine pas destiné à cet usage.

Deborah : - Non. Quand je vois l’état du conduit de ma cheminée, cela me dissuade d’essayer. Je ne dirai pas non à une tasse de thé.

Grégoire : - Vous ne voulez pas quelque chose d’un peu plus fort ? Le propriétaire appuie sa proposition d’un clin d’œil.

Deborah : - Le thé me convient parfaitement. La réponse fuse comme un trait de glace, ne souffre aucun commentaire, aucune insistance. D’un claquement de main, l’hôte convoque une hôtesse, à qui il donne ses ordres ; quelques minutes plus tard, le thé est servi.

Grégoire :- Vous savez, vos services me sont précieux. Sans vos soins, je perdrais sans doute des femmes de qualité, des pouliches qui me rapportent particulièrement gros. Enfin… Au moins ne les voilà plus la cible de ces charlatans, de leurs mixtures infectes et de leurs aiguilles empoisonnées. Vous procédez avec bien plus de douceur… Pas une infection, pas une malade, pas une morte. Vous ne demandez pas beaucoup pour les services que vous rendez.

Deborah :- Je demande un prix, le prix.

Grégoire :- Vous seriez disposée à me fournir… exclusivement ces services, si j’augmente le prix en conséquence ?

Deborah :- Exclusivement ?

Grégoire - Il y a sans doute d’autres concurrents qui requièrent vos services ; oh ! je ne vous demande pas de nom, je me doute que vous avez un sens aigu du secret, mais je me dis que s’ils doivent recourir aux pratiques habituelles pour éviter les grossesses, cela ne peut que leur nuire, quand mes femmes sont en bonne santé et prêtes à satisfaire les désirs des clients en tout temps.

Deborah :- Il n’y a pas que les bordels et les prostituées en ville et aux alentours. rétorque Deborah, qui perçoit une fin toute autre à la proposition que celle d’une mise à mal de la concurrence.

Grégoire :- C’est vrai. Disons que beaucoup de familles, et des plus riches, ne souhaitent pas voir naître un enfant, surtout s’il est conçu dans des circonstances… douteuses. Un monopole de votre pouvoir, et de votre efficacité, nous serait à tous deux profitable : vous auriez ma protection, et une bonne part des revenus que générerait notre petit accord. Une lueur de cupidité luit dans les yeux du gérant du bordel tandis qu’il visualise les revenus de son plan à mesure qu’il l’expose.

Deborah : - Non.


Elle termina son thé et quitta les lieux pour rentrer chez elle, dans un petit coin d'Elwynn en hauteur et loin des regards.




An 36, maison de Cinestra

Trois coups à la porte : le premier puissant, le deuxième moins insistant, le troisième dénote une soudaine faiblesse, comme si toutes les forces du bras se sont épuisées dans les deux premiers.

Deborah :- Qui est-ce ? Lance-t-elle d’une voix pleine d’assurance.

Mercenaire :- Madame Cinestra, je viens de Grégoire. Il m’a dit que vous pourriez m’aider. Je suis victime d’un empoisonnement, madame.

L’accent de l’homme, l’intonation de ses mots, sa manière de prononcer « madame » « ma Dame », avec la majuscule qui s’entend, ces tournures de galant piquent sa curiosité ; et puis s’il meurt devant sa porte, cela fera mauvais genre, sans compter qu’il lui faudra déplacer le cadavre, perspective qui ne l’enchante guère. Aussi ouvre-t-elle la porte à celui qui se prétend empoisonné.

Du galant, l’homme n’a pas que les tournures. Vêtu, d’un plastron de cuir renforcé d’acier, de solides épaulières du même métal, de braies de laine sombres, contre lesquelles battent dans leur fourreau deux dagues, pendues à une ceinture, le spécimen mâle qui se révèle sous les yeux de la sorcière trahit une élégance dont elle n’est pas coutumière. Ses cheveux sont soigneusement peignés et élégamment ramenés sous son chapeau aux larges bords, ses moustaches fines et noires soigneusement cirées en deux lignes droites et sévères. Tout ce qui se révèle à la clarté vacillante de la chandelle allumée par Deborah ne manquerait pas d’impressionner une femme, mais n’arrache qu’un reniflement de dédain à la sorcière. Tout bien mis qu’il est, il n’en a pas moins le teint cireux, tendant vers le verdâtre malade, et cela n’est en rien dû à une lumière défavorable.

Deborah :- Qu’est-ce qu’un homme de Grégoire vient se faire empoisonner devant chez moi ? Pourquoi pensez-vous que vous êtes empoisonné ?

Mercenaire :- Eh bien… commence l'inconnu, faisant un effort visible pour réprimer un haut le cœur ; j’ai commencé à souffrir ce matin de nausées, de fièvre, de maux d’estomac violents, alors que je me sentais en parfaite santé, et que je n’ai rien mangé qui d’habitude me cause de tels symptômes.

Deborah soulève un peu sa chandelle pour éclairer la face de celui qui la domine bien d’une tête; le teint est gris, les traits tirés par la souffrance, il a une odeur de bile dans l’haleine, mais cela ne suffit pas, elle cherche un signe plus précis. En s’attachant plus spécialement aux yeux, d’un bleu profond, elle trouve ce qu’elle cherche : le blanc commence à prendre une teinte verte sur la périphérie de la partie visible du globe oculaire.

Deborah :- Bon… Je crois que vous avez raison. Je vais m’occuper de vous. Claquant la porte derrière elle, elle lui fait signe de la suivre jusqu’à la seconde partie de sa longue habitation de pierres sèches. Lorsque la sorcière ouvre le double-battant, une odeur puissante de paille monte au nez de l'homme, qui fait un pas en arrière, se retenant de vomir tant bien que mal. Faites pas votre délicat et entrez là dedans trouvez-vous un coin de paille fraîche et couchez vous. Je vous conseille également de retirer tout votre barda : je doute qu’il soit très agréable de suer dans un plastron, ou de tacher votre joli chemise avec du vomi.

Mercenaire :- C’est une plaisanterie ? Donnez-moi une paillasse près de votre âtre, je m’en contenterai. Je vous jure sur mon honneur que vous ne risquez rien en ma compagnie !

Deborah :- Gardez vos serments. Je n’ai pas peur de vous, simplement, si vous devez vous compisser, vous conchier ou rendre tripes et boyaux, je préfère que ce soit ici, où je n’aurai qu’à changer la paille. Qui soigne ici ? Nous verrons demain matin. Si vous êtes toujours malade, et toujours propre, je vous céderai mon lit.  

Mercenaire :- Il ne sera pas dit que je laisse une femme s’engager seule dans un pari. Si je me trompe, je vous céderai une de mes lames en guise d’excuse pour avoir remis en cause votre savoir. Cela vous convient-il ?

Deborah :- Je me serais contentée de vous entendre reconnaître que vous aviez tort. Mais si ça peut vous faire plaisir… Bon, trouvez-vous un coin, ôtez tout ce qui va vous gêner pendant la nuit, je vais vous chercher quelque chose à boire qui devrait contribuer à vous remettre sur pied… Ou au moins à vous maintenir en vie jusqu’à ce que je trouve l’antidote.

Mercenaire :- Merci madame.

L’ayant abandonné, Deborah étudie l’ensemble de ses bocaux, fioles, pots et autres contenants tout en essayant de rassembler ses pensées et ses souvenirs en matière de poisons et antidotes. Les poisons les plus redoutables sont sans doute les plus foudroyants à ses yeux, et ceux dont les symptômes sont les plus exotiques et les plus impressionnants. Pour faire passer l’empoisonnement pour une maladie somme toute naturelle, et détourner les soupçons, il faut parfois sacrifier l’efficacité à la discrétion, et c’est sur cela que compte Deborah.

Des feuilles de feu ! Il me faudrait des feuilles de feu ! A ma connaissance, il n’y a que dans la Toundra qu’il y en a qui pousse aux alentours… D’ailleurs pourquoi n’est-il pas allé ailleur cet imbécile ?

Tout en réfléchissant à voix haute, elle descend des contenants des étagères, renifle le contenu lorsque celui-ci n’est pas nocif, hésite, replace le pot à sa place, reprend son manège. Finalement, elle revient sur une bouteille scellée de liège qu’elle a dans un premier temps écarté, puis s’empare d’un gobelet de bois.

Tant bien que mal, l’homme avala le gobelet complet puis partit dans une quinte de toux à lui arracher les poumons du torse. Deborah se prépara à s’en aller nuitamment vers la maison de joie ou elle était allé la veille.




An 36, retour à la maisons de joie d'Elwynn

Grégoire :- Je vous manquais tant pour que vous reveniez si vite me voir ? la taquine grégoire.

Deborah :- Trêve de plaisanteries. Je suis là à cause du cadavre ambulant que vous m’avez envoyé. Ce dont j’ai besoin pour le soigner ne se trouve pas dans la région. Etes-vous disposé à m’aider ?

Grégoire :- Eh bien… l’air faussement pensif du propriétaire ne laisse pas présager un secours inconditionnel, ce que confirme la suite de ses propos : si vous êtes prêtes à reconsidérer ma dernière proposition, et à lui apporter une réponse favorable, je pourrais sans doute vous aider.

Deborah :- Eh bien voilà qui règle la question, il mourra.

Grégoire :- Je pourrai laisser entendre que vous y êtes pour quelque chose dans cette mort vous avez tout intérêt à accepter mon offre.

Deborah :- Vous croyez que j’ai peur de vous, Grégoire ? Vous n’êtes pas complètement idiot je crois. Vous sacrifieriez les talents pour lesquels vous êtes prêt à payer ?

Grégoire :- Plutôt que de les voir profiter à d’autres, oui, pourquoi pas. Nul n’est irremplaçable.

Deborah :- Attention à qui vous menacez La voix de Deborah est également un nectar de menaces sourdes. Je ne suis pas une de vos poules. Je ne suis pas un de vos clients qui tarde à payer son ardoise. Je ne suis pas un de vos hommes de main. Je suis autrement plus dangereuse.

Grégoire :- Est-ce une menace ?

Deborah :- Oui.

Deux regards s’affrontent, et à travers eux deux volontés. Grégoire sait qu’à un seul de ses ordres quatre de ses sbires entreront dans la pièce, des brutes armées jusqu’aux dents, et n’ayant aucun scrupule à écorcher vif un importun; il sait également que Deborah sait cela, et l’assurance de la sorcière le met profondément mal à l’aise. Pendant qu’il calcule, hésite, tergiverse, déglutit et qu’une fine pellicule de transpiration commence à couvrir son front et sa nuque, Deborah attend ; elle ne réfléchit pas : elle sait qu’elle est dans son bon droit, qu’elle ne baissera pas les yeux, et que les hommes comme Grégoire sont pareils aux fauves qui dévorent ceux chez qui ils décèlent le doute. Au bout de deux longues minutes de silence, les yeux du tenancier commence à le démanger, une perle de sueur à roulé jusqu’au coin de l’un d’entre eux et l’eau salée l’irrite : il bat des paupières, s’essuie du revers d’une manche et prend conscience qu’il a cédé.

Grégoire :- Nous avons toujours travaillé en bonne intelligence, il serait dommage pour nous de mettre fin à ce partenariat. J’ai une dette envers lui, c’est pourquoi je vous l’ai envoyé ; cette dette inclut jusqu’à sa guérison je crois, alors je vous procurerai ce dont vous avez besoin. De quoi avez-vous besoin ?

Deborah :- Des feuilles de feu.

Grégoire :- Eh bien… Je pense que je trouverai cela. Un peu après l’aube cependant. Voulez-vous attendre ici en ma compagnie ?

Deborah :- Non. J’irai me promener à Hurlevent. J’ai des gens à voir.

Grégoire :- La ville n’est guère sure à cette heure. On vous agresserait et vous volerait pour un quignon de pain.

Deborah :- Vous croyez ?

A la réflexion, il ne croit pas.



Deborah se balade dans les rues comme un chat. Longeant les murs, l’oreille aux aguets, le pas léger, elle se faufile, sombre et droite dans la nuit qui la voile, prête en découdre. Car contrairement à ce que peut croire Grégoire, elle n’est pas une inconsciente, elle sait ce que les rues recèlent de danger ; ce n’est pas pour autant une raison pour se terrer : une sorcière qui se terre est une sorcière à terre. En allant dans les rues, elle a marqué l’esprit de son interlocuteur : une marque faible, une marque discrète.

Elle rentrera dans une boutique connue par certains pour vendre des objets volées, sortant de celle-ci en ayant acheter un bien étrange artefact.

Plusieurs heures plus tard, Deborah s’est directement rendue chez Grégoire.


Grégoire :- Voilà ce que vous m’avez demandé. Maintenant je ne crois pas que vous ayez une raison de vous attarder.

Deborah :- Combien vous dois-je ?

Grégoire :- Rien. Partez et soignez Byron, et nous serons quitte. Mais ne croyez pas que j’oublierai vos menaces. Au revoir madame Cinestra.

Elle est déjà partie pour regagner sa chaumière. Et ainsi soigner l'homme.
La vie tranquille de Deborah suit son cours, deux jours passent s'occupant de certains malades et n'hésitant pas à marchander au noir en retour de différentes herbes.

La sorcière part en direction des collines pour y prendre des herbes tandis que son esprit vagabonde profitant de la lumière du soleil.
Seulement, cet après-midi là, un événement inhabituel vient troubler cette sérénité du retour, au loin, relevant la tête, elle a aperçu une colonne de fumée sombre, s’élevant dans la direction dans laquelle se trouve sa demeure, autant qu’elle ait pu en juger.
Au fond de ses tripes a éclot un pressentiment néfaste, qu’elle a appris à écouter, et cela lui donne assez de force et de souffle pour presser le pas.




Elle n’arrive cependant pas assez vite pour empêcher le pire, et peut-être est-ce mieux pour elle. Devant ses yeux, sa maison brûle : la porte a été clouée, le cadavre du chat, pattes clouées, ventre ouvert. En s’approchant, Deborah a pris la mesure que représentait l’incendie, la perte d’années de récolte, de préparation, des herbes rares, des plantes recherchées, des remèdes complexes ; pire encore, avaient dû s’envoler en cendres et en fumées les quelques livres de prix qu’elle conservait sur une étagère, achetés à des colporteurs. Son cœur se serre en voyant le sort qui a été réservé à l’animal qui fut son compagnon pendant de longues années. En crucifiant ainsi son chat, en n’ayant aucune considération, ceux qui ont perpétué ces actes ont commis une erreur grave, car ils ont touché à la fibre la plus tendre du cœur de Deborah, et lui ont révélé par là même une vulnérabilité. Or s’il est une chose que la sorcière n’accepte pas, c’est d’être vulnérable.

Le triste spectacle qu’elle contemple, l’incendie, le supplice du chat, tout cela la convainc qu’il ne s’agit pas d’un acte de malveillance auquel se seraient livrés des voisins mécontents, des jaloux, des craintifs : la nourriture a trop de prix par les temps qui courent pour que des pillards laissent rôtir un animal sans en profiter, et les gens connaissent trop bien les ravages du feu pour commettre l’acte inconsidéré d’incendier une chaumière. Il y a quelque chose là-dessous, elle le sent, elle le sait, quelque chose qui la vise, qui la veut morte, mais qui ne sait pas s’y prendre : un puissant, un idiot, ou les deux à la fois. Surtout un idiot se dit-elle : un être intelligent l’aurait fait surveiller, traquer, l’aurait tué là haut, dans les collines, sans même avoir eu besoin d’un incendie. Les flammes sont là pour le symbole, elle en est convaincue.

Dans ses yeux tremblent des lueurs qui ne sont pas les reflets pourpres du spectacle qu’elle contemple, mais des éclats sombres issus du bouillonnement de ses fluides obscurs, dont elle peine à maintenir le jaillissement. Cela ne dure même pas une minute, long égrènement des secondes durant lequel les sentiments menacent de l’emporter sur sa froide et implacable raison, pour au final reculer et retrouver la place qui est la leur. Pleinement maîtresse d’elle-même. Dans tous les cas de figure, elle ne pouvait pas rester sur place.

Ses possessions matérielles susceptible de trouver une valeur, pécuniaire il va de soi, aux yeux de ses contemporains, sont soigneusement dissimulées dans un coffret, enterré au pied d’un vieil arbre. C’est là qu’elle se rend, à une petite dizaine de mètres de son logis dévasté ; à l’abri d’une grosse pierre, Deborah s’empare de sa dague et commence à retirer la terre à gestes précis. Bientôt le fer bute contre le fer, et le couvercle du coffret apparaît : il n’est pas bien lourd, long comme son avant-bras, à peine moins large, et guère plus haut que la paume de sa main ; elle n’a pas besoin de plus de volume, sa fortune est sommaire, correspond à ce dont elle a besoin. Une clef passée à une ficelle autour de son cou lui ouvre la cache, d’où elle tire l’essentiel : la bourse de pièce qu’elle utilise lorsqu’elle ne peut pas troquer.

Le fourreau de l’arme ajusté à la ceinture de sa robe, la bourse glissée dans son sac, Deborah prend la mesure de son dénuement : elle n’a pas grand-chose dans son bagage, une gamelle, des couverts, ce qu’elle a emporté pour la journée, sur son dos ses vêtements, une arme donnée par un étranger, de l’argent.

Deborah se met en marche d’autant plus rapidement que la nuit tombe : ce n’est pas grave, elle n’a pas peur des ombres, et la rage qu’elle a relégué au fond d’elle est prête à rejaillir pour faire son affaire au premier nuisant qui se mettrait en travers de sa route pour finalement rejoindre l'auberge du quartier commerçant de Hurlevent.
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MessageSujet: Re: [Acceptée] Deborah Cinestra   Mar 20 Déc - 20:37

L'invitation de la Confrérie

Lors d'une soirée froide et brumeuse en saison hivernale de l'an 36, un mystérieux messager enroulé dans une large et sombre cape s'approcha de Cenestra. Il la salua brièvement d'un signe de tête tout en lui tendant une lettre scellée d'un ruban noir et orné de galons d'or à peine visibles.

- J'ai une lettre à vous adresser. Tenez. Dit le messager sur un ton peu aimable, bien que la volonté n'y était pas.

Deborah baissa machinalement son regard sur la mystérieuse lettre qui lui était présentée sous ses yeux et après quelques secondes de réflexion, elle la saisit. Elle n'eut le temps de s'exprimer que l'étrange messager avait déjà disparu. Etrange, se dit-elle. Intriguée mais non moins imprudente, elle se refusa de lire le message dans l'immédiat. Elle rangea plutôt la lettre dans une poche de son manteau et pressa le pas vers la taverne la plus proche.

Elle poussa la porte d'entrée, balaya la grande salle du regard quand tout à coup... (la suite IRP)


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